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Essais routiers

Toyota Yaris 2008

Y a rien là!

Par Pascal Boissé

Puisqu’elle est la descendante de la Tercel et de l’Echo, on attendait de la Yaris qu’elle domine sans partage sa catégorie, qu’elle poursuive avec les qualités de ses devancières et qu’elle en ajoute. Ce n’est pas le cas. Même qu’elle fait plutôt pâle figure face à ses principales rivales japonaises, voire coréennes. La Yaris est, certes, une voiture économique, mais il semble que ce soit Toyota qui ait tenté de faire des économies…

Carrosserie

La Yaris est offerte en trois configurations: une version berline à quatre portes, et deux versions à hayon arrière ouvrant, trois ou cinq portes, baptisées Yaris Hatchback. Sa ligne est plutôt sympathique, et la berline arrive même à intégrer harmonieusement son volumineux coffre arrière, ce qui n’était pas le cas de l’Echo. La quatre portes ressemble à une mini Corolla, et sa calandre diffère de celle de la version à hayon, qui possède aussi une silhouette ramassée assez réussie.

Habitacle

Pour une mystérieuse raison, l’habitacle de la berline diffère aussi, en de nombreux détails, de celui de ses sœurs à hayon, qui est généralement mieux conçu et plus pratique. En effet, la Hatchback propose plusieurs espaces de rangement astucieux qui disparaissent sur la berline. Si vous songez, par contre, à transporter de volumineux bagages, il vous faut opter pour la berline, car les versions à hayon n’ont pratiquement pas prévu d’espace à cet effet lorsque des passagers occupent les places arrière. L’aménagement de l’habitacle reprend l’approche ludique déjà présente dans l’Echo: de gros boutons de contrôle qui font un peu jouet, ainsi qu’un tableau de bord simple dont les instruments sont situés au centre, près du pare-brise. Ce n’est pas au goût de tous, mais on finit par s’y habituer... La position de conduite ainsi que des sièges qui offrent fort peu de support latéral démontrent que la Yaris se destine à des allers-retours au travail mais pas à de longs trajets. Par ailleurs, l’insonorisation est en progrès.

Mécanique

Le petit moteur 4 cylindres de 1,5 litres de la Yaris est très frugal mais, à l’usage, il se révèle être un compagnon de voyage grincheux, désagréable et bruyant. Les deux boîtes de vitesse offertes, tant l’automatique que la manuelle, s’acquittent très bien de leur tâche.

Comportement

À part son moteur irritant, la grande faiblesse de la Yaris reste sa tenue de route instable qui n’inspire pas confiance. Et c’est pire avec la version la berline, particulièrement sensible au vent latéral. Il est malheureux de constater que la Yaris n’a rien retenu du comportement routier docile, sain et enjoué qui faisait le charme de l’Echo, sa devancière. La responsabilité incombe probablement à la direction floue qui est désormais assistée électriquement et qui nous prive des sensations de la route: il n’y a aucune tenue de cap et, sur l’autoroute, on doit constamment corriger la trajectoire. En plus, sur mauvais revêtement, la Yaris sautille beaucoup.

Conclusion

L’an dernier, dans un essai comparatif de sous-compactes, l’équipe de l’Annuel plaçait la Yaris berline en fin de peloton, juste devant la Suzuki Swift+ et la Chevrolet Aveo. Ce déclassement de la Yaris avait étonné plusieurs essayeurs de l’équipe, mais vraiment, elle ne faisait pas le poids face à ses rivales, et son prix paraissait corsé. Une version Hatchback aurait probablement permis à Toyota de remonter de quelques places dans la compilation des résultats, mais une réalité demeure: malgré des qualités certaines, la Toyota Yaris n’est tout simplement pas le meilleur choix de sa catégorie. C’est regrettable, car Toyota possède les ressources qui lui permettent de concevoir et de construire d’excellents produits. De toute évidence, Toyota n’a pas fait de la Yaris une priorité et s’est simplement contenté de créer un produit très moyen manquant de raffinement.

Forces

Consommation Boîte manuelle agréable Ligne réussie

Faiblesses

Direction et tenue de route Moteur bruyant Espace à bagages limité (Hatchback)